Dublin Film Fest / Sama Awards

Il y a quelques jours avait lieu le Dublin Film Festival qui comprenait notamment une section Japanime avec la diffusion de 4 films (La Disparition de Haruhi Suzumiya, Summer Wars, Redline et Laputa) répartie sur 3 jours du 13 au 15 mai (merci ANN et leur news, sans quoi j’aurais zappé). Ce fut donc l'occasion de s'offrir, entre 2 exams, une petite séance ciné avec 2 acolytes (que je salue s'ils passent par là), le 14 mai dernier avec Summer Wars puis Redline. Impressions rapides de ces deux films de chez Madhouse aussi sympathiques que différents l’un de l’autre.

 

Summer Wars

Bon, je l’avais déjà vu lors de sa sortie en France un an avant mais le revoir ne fut absolument pas déplaisant, au contraire (et en vost cette fois !).  L’histoire de Summer Wars est donc centrée sur Kenji, un jeune lycéen particulièrement fort en maths qui s’occupe de la maintenance d’OZ (un réseau virtuel communautaire à échelle mondiale) durant l’été… jusqu’à que celui-ci se voit proposer par Natsuki, une fille de son lycée, de l’accompagner voir sa famille à la campagne. A peine arrivé, celui se rendra vite compte qu’il n’est là que pour jouer le rôle du futur fiancé et ainsi rassurer les craintes de la grand-mère de Natsuki. Mais le vrai problème survient quand le réseau OZ est piraté et que Kenji semble y être lié ...

Je me rappelle avoir été assez surpris lors de mon premier visionnage de cet atypique mélange entre d’un côté, cet imposant monde virtuel et de l’autre, une chronique familiale dans un cadre campagnard. Pourtant, si cette association peut sembler plutôt étrange à première vue, le film arrive malgré tout très bien à jouer sur les deux tableaux. C’est l’alternance entre ces deux mondes qui contribue à rendre le film dynamique et que j’ai particulièrement apprécié. Cette opposition entre traditon et modernité que le film cultive tout au long de son déroulement trouve artistiquement tout son sens avec d’un côté une animation traditionnelle et un style pastel pour des décors particulièrement soignés et de l’autre, une animation numérique pour représenter le monde d’Oz  complètement délirant, coloré et rempli de ces milliers d’avatars au look cartoonesque. Etonnant aussi comme le piratage d’un système informatique, un thème qui aurait plutôt tendance à être développé sur un ton sérieux est ici sans cesse atténué avec des touches de légèreté, simplicité et humour. Bon il est clair qu’on ne trouvera pas forcément très crédible que les principaux acteurs de cette crise à échelle mondiale soient étrangement rassemblés au sein de la famille Jinnouchi mais ce n’est qu’un détail qui n’enlève rien à l’intérêt du film.

La mise en scène de cette grande famille est d’ailleurs un aspect particulièrement réussi car même si certains personnages tombent un peu dans les clichés, ils restent malgré tout attachants. On peut aussi noter que malgré leur nombre plus que conséquent, les personnages se distinguent bien par leur apparence, prouesse que l’on doit à Yoshiyuki Sadamoto qui adopte ici un chara-design épuré au service d’une animation rendant tout ce petit monde bien vivant dans l’effervescence des scènes de la vie quotidienne.

Le dernier point particulièrement original est aussi le traitement du thème du virtuel, souvent présenté comme un potentiel danger vis-à-vis de notre société moderne alors qu'ici, si cette thématique est effectivement bien présente, on constate aussi que les deux univers cohabitent malgré tout et deviennent de plus en plus indissociables au fil de l’intrigue, l’accent étant mis sur les liens sociaux quelque soit leur nature et au final, sur la solidarité entre les hommes face à l'adversité.

A l’image de cette grande famille où se côtoient toutes les générations, Summer Wars est justement un très bon divertissement familial possédant de nombreux atouts capables de séduire aussi bien les adultes que les plus jeunes avec des affrontements très « shônenesques » à travers le classieux personnage King Kazma au sein du monde d’OZ, de l'émotion, de l'humour, un thème intéressant pour un traitement original et puis un certain optimisme et une énergie communicative qui perdurent même une fois le rideau tombé.

Bon par contre oui, aussi épiques les séquences puissent-elles être rendues, j’ai toujours pas compris grand-chose au jeu de cartes du Hanafuda. :(

Au passage, si vous avez envie d’en savoir plus sur M. Hosoda, ce réalisateur émergent de ces dernières années, je vous invite à écouter la série de podcasts de messieurs Sonocle et Tetho sur le sujet.

 

Redline

L’occasion idéale pour celui-là puisque je me disais que c’était aussi un truc à voir sur grand écran. Et pas eu l’occasion d’aller aux Utopiales l’an dernier donc ...

Bon ben … Waw, le moins qu’on puisse dire c’est que ça décoiffe. Alors d’un côté j’ai eu plus ou moins ce à quoi je m’attendais (ayant vu le trailer sorti il y a 3 siècles) tout en étant malgré tout un peu surpris.

Redline est donc le 1er long-métrage de Takeshi Koike en tant que réalisateur mais aussi directeur de l’animation, celui-ci étant déjà connu pour avoir réalisé le segment World Record du projet Animatrix, la séquence animée du film Kill Bill ou pour son passage par la case Dead Leaves (en tant qu'animateur clé) qui n'aura certainement pas manqué de l'influencer et … autant dire que ce film de course endiablé confirme que le monsieur a un certain talent.

Comme on s’en doute face à ce type de film, le scénario n’est pas bien complexe. C’est l’histoire de JP, un pilote aussi téméraire que chevronné qui rêve de participer à la Redline, la course intergalactique la plus réputée et la plus dangereuse de l’univers. Cette fois-ci, celle-ci a lieu sur la planète Roboworld, gouvernée par une réplique du 3ème Reich version extra-terrestre qui n’entend évidemment pas laisser la course se dérouler comme il se doit. Dès l’intro du film est annoncée la couleur avec une course de bolides où vitesse est le mot d’ordre et permettant de nous donner un aperçu des compétences des différents protagonistes en matière de pilotage et de … coups fourrés en tous genres. Mines, rockets, chaînes et autres accessoires incongrus, tous les coups sont permis pour arriver premier sur la ligne d’arrivée, seul  « Sweet JP » ne s’autorisant pas à utiliser ce genre d’arsenal (si ce n’est sa pseudo-nitro dont j’ai oublié le nom) et ne comptant que sur son adresse et sa vitesse pour tirer son épingle du jeu.

Animation fluide et ultra dynamique, déformations et étirements graphiques à n’en plus finir sur les corps des pilotes aussi bien que sur la forme des bolides, tout est là pour nous faire ressentir cette sensation de vitesse au sein de cette course où brûle l’asphalte aussi vite que monte l’adrénaline, le tout accompagné musicalement par des morceaux de techno dont les basses résonantes contribuent à accentuer ce rythme effréné. Le film de Koike ne s’embarrasse pas à développer ses personnages dont le background est à peine entraperçu et se concentre sur l’action pure et l’intensité des scènes qui montrent clairement que l’animation 2D peut en avoir dans le ventre. L’heure n’est plus à la réflexion mais au privilège des sensations, même si je n’ai cependant pas pu m’empêcher de rester un peu dubitatif durant la seconde moitié du film (quand commence la Redline en fait …) avec l’arrivée en force de ces militaro-fascistes vilains et pas contents qui font vite tourner la course en un espèce de champ de bataille (même si ça l’était déjà plus ou moins avant), l’apogée de l’absurde étant atteinte peu après l’entrée en scène de « Funky Boy » (comprendra qui pourra) où là ça devient vraiment n’importe quoi (ah ça, au moins on aura tous rigolé à plusieurs reprises dans la salle) même si à côté de ça l’animation restait toujours aussi scotchante. La conclusion est un peu à l’image du film, aussi jouissive et démesurée que … déjantée et inattendue. Toujours est-il que tout le monde aura applaudi à la fin de la séance probablement autant pour la performance visuelle que pour les quelques séances de rires provoquées par ce film complètement dingue.

Bref, pas grand-chose à dire mais beaucoup à voir car oui, Redline est à voir au moins une fois pour se faire une idée et rester bouche bée devant cette débauche d’effets visuels et cette animation survoltée.

 

 

Sama Awards


Le week-end dernier avait donc lieu la cérémonie des Sama Awards lors de l'Epitanime et j'en profite donc pour revenir là-dessus rapidement même si je n'y étais pas. Voilà pourquoi tout d'abord, je m'excuse de mon absence puisque j'étais à ce moment-là de l'autre côté de la Manche en pleine séance de nettoyage d'appart’ en vue du grand départ de fin d’année et je serais venu avec plaisir si j'avais pu (entre récurrer une salle de bains et aller à l'Epitanime, vous comprendrez que le choix est vite vu ...). La chose marrante, c’est que j’ai appris le même jour les résultats de deux concours dont l’un pesait quand même un peu plus dans la balance mais fut malheureusement soldé par un fail. L’autre en revanche fut une bonne surprise qui a du coup un peu fait office de compensation. Je ne vais pas le cacher, je suis très content que moi et mon petit coin du web ayons pu arriver jusque-là et donc aussi très honoré d’avoir reçu le prix du Meilleur Article ainsi que celui des 15 ans d’Animint. Sinon c’est vrai qu'honnêtement je ne m’y attendais pas vraiment car même si la liste des articles n'était pas particulièrement longue, elle en comptait malgré tout beaucoup de qualité d'où une rude concurrence (d’ailleurs j’ai encore des doutes … Sirius, me dis pas que tu t’es infiltré dans le jury pour tous les soudoyer !). D'ailleurs concernant les lots, s'il est vrai que j'avais communiqué mon ordre de préférence à mon brave représentant au cas où, je m'étais pas imaginé une seule seconde remporter deux awards et je pense que si j'avais été là, j'aurais probablement légué mon 2ème lot à quelqu'un d'autre … Quoiqu’il en soit, s'il y a une prochaine édition, je m'engage dès à présent à fournir un lot un peu sympa pour le prochain concours.

Enfin, je remercie évidemment Pazu et tous les membres du jury pour l'organisation du concours (le Diplôme c'est la classe quand même !) et je félicite Mackie, Gen', Ileca et Gemini (même s'il n'a eu que du q comme il le dit si bien :p) pour leurs prix respectifs.

Bref, maintenant j’ai envie de dire que ce n'est que partie remise d'ici l'année prochaine ! ;) (et là j’ai l’air con si y’en a pas)

 

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Sur ce, je vous laisse. De retour en France depuis le début de la semaine, j’ai du retard à rattraper dans quelques trucs achetés ces 5 derniers mois … Vous savez, c’est un peu dans ces moments-là qu’on se dit : « Mais … où vais-je bien trouver le temps ? ».

7 commentaires
  1. "Sirius, me dis pas que tu t’es infiltré dans le jury pour tous les soudoyer" > En fait le jury, c'était juste pour la forme car dans l'ombre, c'est moi seul qui prenais toutes les décisions concernant le palmarès. D'où mon devoir de réserve mais chut, c'est un secret!

    Sinon pas fan de Summer Wars (me suis rarement autant ennuyé et pas seulement devant les parties d'Hanafuda), pas vu Redline mais ça ne saurait tarder car ça m'a l'air drôlement barré comme truc.

  2. tiens par hasard t'es à quelle univ ? Maynooth ?

    • Nop, en fait j'étais pas à Dublin-même mais plus au nord, à Dundalk qui se situe un peu en dessous de la frontière avec l'Irlande du Nord (et j'étudiais donc au DKIT). Pourquoi ? Des connaissances là-bas ? Ou un passé irlandais ? :)

  3. Ce fut en effet une journée fameuse.
    J'ai vraiment apprécié les 2 films, notamment Red Line qui est complètement barré (funky boy et la course finale !)

    Au plaisir de vous revoir IRL mon bon vins !

    PS : quand tu dis "si ce n’est sa pseudo-nitro dont j’ai oublié le nom" -> steamlight ?

  4. ouais, kind of.